« Notre stratégie concerne la communication qualitative vers les RH et les entreprises »

Nous partageons, les propos de Jean-François Tripodi publiés par Espace Social Européen, il y a quelques jours.

Carte Blanche Partenaires, plateforme santé créée en 2001, intervient dans le domaine du tiers payant, de la gestion des réseaux de professionnels de santé et de l’accompagnement santé. A l’approche de la généralisation de la complémentaire santé aux salariés, elle va désormais s’adresser aux entreprises. Entretien avec son directeur général, Jean-François Tripodi.

Carte Blanche Partenaires s’est beaucoup développée ces dernières années, quelle est aujourd’hui votre stratégie ?

Le monde de l’entreprise méconnait les plateformes et les réseaux de soins, notre stratégie concerne donc la communication qualitative vers les RH et les entreprises. Le monde de l’assurance connaît bien toutes nos spécificités et nos avantages, preuve en est notre développement : nous sommes passés de 2,3 millions d’assurés qui bénéficiaient de nos services en 2012 à 6,5 millions dès 2015. Ce que je relève aujourd’hui c’est une demande forte des RH, et donc des entreprises et de leurs salariés, en matière de services en particuliers devant les garanties de plus en plus standardisées. Le DRH a besoin d’être accompagné, il faut passer à une forme de « service après-vente qualitatif ». C’est peut-être le message fort à adresser aux nouveaux entrants en assurance collective qui proposaient seulement des contrats individuels jusqu’à maintenant.

Quels sont, pour vous, les enjeux attachés à la réforme de la complémentaire santé ?

Il s’agit justement de structurer nos services et notre reporting en direction de l’entreprise grâce à l’utilisation des données que nous collectons et à leur analyse. Nous en sommes aujourd’hui au b.a.-ba car ces pratiques n’étaient pas encrées dans les habitudes avec une relation uniquement directe vers les assurés. Nous avons la chance d’avoir des données personnelles de santé, confidentielles bien sûr, qui nous permettent de donner des analyses très précises. Au mois de juin nous avons lancé la création d’un « Décisionnel Santé » avec un volet prédictif, un outil qui permettra dès l’année prochaine d’apporter ce service aux assureurs bien sûr, mais aussi à l’entreprise.

Et concernant l’offre ?

Même s’il reste du travail à faire, les assureurs santé sont de plus en plus souvent conscients que les garanties ne peuvent pas être élaborées sans tenir compte de la plateforme santé. Les actuaires et le marketing produits devraient travailler avec nous dès le début pour bâtir au mieux les garanties en termes de services, de prestations et d’adaptations techniques aux réseaux de santé. Aujourd’hui, dans certains cas des garanties trop disantes contredisent l’action de nos réseaux. C’est aussi pour cette raison que nous avons lancé Décisionnel santé. Et, à ma connaissance, nous sommes les premiers à proposer ce type d’outil de façon industrielle, réactive et structurée. Certains assureurs collectifs, comme Swiss Life ou Generali par exemple, nous demandent de faire nos propres simulations sur les effets de nos réseaux en plus des travaux actuariels. Pour une grande entreprise, dont je ne citerai pas le nom, les RH aidés par les Achats en collaborations avec les partenaires sociaux ont sélectionné la plateforme et l’ont imposée à leur assureur : Carte Blanche, 100 000 personnes sont couvertes, et nous avons fait la simulation avec la mise en place de notre réseau optique : 1,8 M d’€ sont économisés pour le risque et 450 000 € en reste à charge, par an. Et cela, objectivement un actuaire n’est pas en capacité de l’évaluer sans notre aide. Nous nous basons sur la population, les tranches d’âge, les localités géographiques… et nous utilisons les données issues des millions de prises en charge optiques détaillées en stock.

Concernant les réseaux de soins, où en êtes-vous ?

Jusqu’au 31 décembre, nous sommes les seuls à avoir un réseau ouvert en optique. La récente annonce du basculement à cette date d’un grand réseau comme celui de la MGEN-Istya sur notre modèle, semble démontrer que cela fonctionne. Nous assurons une large couverture nationale, tout en proposant des tarifs avantageux et des niveaux de prestations avancées. En optique 9 achats sur 10 sont effectués dans notre réseau. Pour le dentaire, notre approche est différente nous avons mis en place un partenariat avec l’Union Française pour la Santé Buccodentaire (UFSBD), notamment en élaborant une Charte qualité très contraignante qui nous permet de sélectionner les meilleurs chirurgiens-dentistes. Sur l’audioprothèse, nous avons créé le Parcours Auditif Coordonné (PAC) qui amène une meilleure collaboration entre l’ORL et l’audioprothésiste et si possible le médecin généraliste. D’après les chiffres les plus reconnus 30 à 50% des équipements restent au fond du tiroir faute d’équipement adapté notamment à la vie sociale du porteur. Nous avons mis en place des pilotes toute l’année, pour ensuite généraliser ce parcours de soins qualitatif. Nous avons l’appui du syndicat des ORL, du syndicat des audioprothésistes, car nous mettons en avant les bonnes pratiques. Et nous avons aussi des projets en cours sur les établissements de santé pour 2016…

Propos recueillis par Emilie Guédé

Nous remercions Emilie Guédé et l’Espace Social Européen

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