Le Parcours Auditif Coordonné valorisera le travail des ORL et des audioprothésistes

Le Directeur Général de Carte Blanche Partenaires, Jean-François TRIPODI, estime que les échanges d’informations entre Orl et audioprothésistes doivent être améliorés tout au long du parcours de soins qui conduit à l’appareillage des malentendants. Un déficit qui serait à l’origine de nombreux échecs, il aimerait améliorer le mode de relation entre les deux professions.

Vous parlez de « ruptures dans le parcours de soins » ; qu’entendez-vous par là ?

Première rupture : l’ORL donne finalement très peu d’orientations à l’audioprothésiste, qui est donc à la fois juge et partie pour assurer l’équipement. C’est lui qui a la capacité de déterminer comment il faut corriger techniquement la surdité, et c’est lui qui a une totale liberté pour savoir ce qu’il va proposer comme équipement.

Deuxième rupture : il n’y a quasiment pas de retour – bien que l’on voit une amélioration s’installer – de l’audioprothésiste vers l’ORL ou vers le généraliste, une fois que la solution d’appareillage a été déterminée par lui. Il y un déficit d’information et ce que nous proposons avec le PAC c’est déjà de remédier à cela, en construisant un parcours coordonné. L’ORL doit donner des recommandations à l’audioprothésiste par rapport à l’attente et aux besoins de son patient, tandis que l’audioprothésiste doit de son côté appliquer des protocoles qui ne sont pas uniquement techniques, mais qui prennent également en compte les problèmes sociaux éventuels du client. L’audioprothésiste doit faire un reporting à l’ORL des informations, tout comme du suivi et de la bonne utilisation de l’aide auditive.

Nous avons constaté par expérience que, bien souvent, la non utilisation du matériel est due, non pas au fait que le matériel ne répond pas techniquement au problème du patient, mais qu’il ne répond pas forcément à son besoin sociétal. C’est cela avant tout que nous voulons régler avec le PAC.

Après avoir participé à nombre de rencontres avec les ORL et les audioprothésistes, et une fois cette trame définie, nous avons pensé qu’il fallait maintenant expérimenter cela sur le terrain. Pour cela, nous voulons créer des binômes audio et ORL, qui vont mettre en oeuvre ce partenariat assez librement, mais sur ce socle préalablement déterminé, et qui vont analyser cette expérimentation, pour que nous soyons en mesure de lancer un projet global.

Vous les laissez libres dans la mise en oeuvre ?

Nous leur demandons de respecter le socle que je viens d’évoquer, mais en revanche ils ont la liberté des moyens qu’ils veulent utiliser. Imaginons par exemple un audio qui a déjà mis en oeuvre un protocole de questionnement, de suivi et de retour d’information chez les médecins. On ne lui demande surtout pas de le changer pour rentrer dans un cadre que nous aurions prédéterminé, mais nous lui demandons de le faire de façon formelle.

Votre ambition est d’avoir combien de binômes et combien de patients pour que cette expérimentation soit significative ?

Nous n’avons pas déterminé de nombre définitif. Nous sommes en phase de lancement, mais nous avons déjà une dizaine de binômes de constitués et nous avons obtenu l’adhésion du Club Alter Ago, qui encourage ses membres à participer. Par ailleurs, nous avons aussi l’appui du SNORL et du Synea avec qui nous partageons la nécessité de l’intervention de professionnels de santé spécialisés dans la résolution des problèmes d’audition. Au final, nous espérons atteindre une trentaine de binômes, ce qui sera largement suffisant.

Qu’est-ce que Carte Blanche attend de ce PAC ?

Toute notre démarche tourne autour de deux axiomes : qualité et tarifs modérés. Qualité seule, on le fait parfois ; tarifs modérés seuls, on ne le fait jamais. Maintenant, nous cherchons la meilleure solution pour orienter nos assurés et nous les inciterons à solliciter de leur ORL un engagement dans ce PAC. Sur notre site internet, nous orienterons nos bénéficiaires vers les ORL engagés dans ce PAC. Le patient jouera donc un rôle important, mais cela me semble logique, car c’est lui le premier concerné.

Que peuvent en attendre les audioprothésistes et les Orl ?

Ils peuvent déjà en attendre la reconnaissance du réseau Carte Blanche, ce qui n’est pas neutre, car cela fait plus de 5 millions de personnes protégées. Ils peuvent également en attendre une mise en avant de leur démarche qualitative, de leur savoir-faire, et là nous en revenons à cet amalgame avec l’optique qu’ils récusent fermement. Ils peuvent ainsi démontrer qu’ils ne sont pas uniquement capables de fournir des aides auditives de qualité, mais aussi qu’ils sont capables de s’occuper de leurs clients. Et enfin renforcer leur relation avec les ORL, ce qui est un élément fort de leur activité.

Interview de Jean-François TRIPODI, Directeur Général de Carte Blanche Partenaires, fait par le magazine ALTEREGO LE MAG en octobre 2014.

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