Objets connectés : conséquences sur la gestion et la connaissance de notre santé

Ces dernières années, les objets connectés deviennent de plus en plus importants dans notre quotidien. Ils se développent de plus en plus, notamment dans le domaine de la santé. Quelles sont les conséquences du développement des objets connectés sur la gestion et la connaissance de notre santé ?

D’après une étude Orange Healthcare de cette année, les Français sont favorables au développement des objets connectés et notamment dans le domaine de la santé. Ils veulent utiliser ces objets connectés s’ils apportent une véritable valeur ajoutée à la gestion de leur santé. 45% seraient prêts à passer à cette nouvelle technologie si elle est accompagnée d’un véritable service utile de coaching santé ou de prévention santé.

Vers une auto-gestion de notre santé ?

Les objets connectés peuvent amener dans l’avenir à une autogestion de notre santé. En effet, dans les objets connectés en santé, les accessoires prêts-à-porter deviennent de plus en plus importants. Ils permettent de délivrer des données santé aux usagers ainsi qu’aux professionnels de santé. Il existe une multitude d’objets connectés, en état de R&D ou de produits déjà existants, voici quelques exemples :

  • Lentilles de contact électroniques mesurant le taux de glucides permettant à un patient diabétique d’être informé d’une glycémie préoccupante par des diodes (Google X Lab)
  • Lumo Back, ceinture qui analyse la posture et permet de l’améliorer grâce à des vibrations.
  • Coque de smartphone capable de mesurer la température, le rythme cardiaque, l’oxygénation du sang, la pression artérielle et le volume respiratoire (AZOÏQUE),
  • Chaussette pour bébé́ qui mesure la température, le rythme cardiaque, le taux d’oxygène et la qualité du sommeil (Owlet)

Cependant, bien que les opportunités soient nombreuses, le marché des objets connectés n’est encore qu’au stade de niche. En effet, des limites à son évolution existent et relèvent principalement de trois ordres : Sociétal, juridique et économique.

D’un point de vue économique, l’émergence de ce marché connecté aurait pu tomber mieux dans le calendrier. Subissant les conséquences de la crise économique, le pouvoir d’achat de la plupart des Français n’est pas en augmentation et il est certain que peu de Français ont comme priorité d’acheter, par exemple, un bracelet connecté !

Ce marché se développe principalement sur Internet et bien que quelques boutiques spécialisées ouvrent leurs portes, ils sont encore minoritaires. Les objets connectés sont encore à des prix encore élevés et donc non accessibles de la plupart des Français

Par ailleurs, au delà de la captation des données, possible grâce à cette multitude d’objets connectés, l’interconnexion exponentielle de ces différents objets implique une complexification accrue de la structure des réseaux de communication. Les principaux enjeux techniques liés à la transmission de données sont le volume croissant de données à transmettre, la mise en conformité des infrastructures et l’interopérabilité des réseaux, la qualité de service à assurer (afin de limiter la perte de données et l’interruption de service) et les réseaux intelligents, auto-organisés en matière de calcul, de gestion de flux et de traitement d’information.

Aujourd’hui, il reste encore difficile de faire la part des choses entre :

  • Les usagers éphémères de données dans le domaine du bien-être
  • Les suivis de santé spécialisés.

Il s’agit de vérifier à terme si les premiers favorisent les comportements vertueux en terme de prévention et si les seconds améliorent les prises en charge des malades et par la même ralentissent l’histoire naturelle des maladies.

Par ailleurs, la protection de la vie privée et des données personnelles est l’une des grandes questions du développement des objets connectés, et plus particulièrement dans le domaine de la santé.

Cela prend en France une importance toute particulière car il existe une tradition de protection de la vie privée. Une étude menée par Privacy Rights Clearinghouse pointe les lacunes des politiques de confidentialité, particulièrement porteuses de risques pour la vie privée des utilisateurs.

L’objectif des spécialistes des objets connectés

Bien sûr, ils souhaitent que les objets connectés se développent de plus en plus pour être utilisés par le plus grand nombre d’utilisateurs possible et qu’ils fassent véritablement parti de notre quotidien. L’adaptation du « quantified self » par un nombre important de personnes donnerait de nouvelles opportunités de marché à certaines marques. On voit par exemple des partenariats entre des marques de modes et des entreprises technologiques se développer. Sony collabore ainsi avec Ted Barker, Jack Vartanian et ROXY pour sa gamme de SmartWear. FitBit a présenté des bracelets connectés et un collier signés Tory Burch.

L’avènement d’une médecine prédictive et personnalisée : les 4P ?

La façon de considérer la médecine risque également d’évoluer. Nous pourrions nous acheminer vers une médecine des 4P  qui serait prédictive et personnalisée. La médecine des 4P signifie :

  • Prédiction : mesurer la susceptibilité d’un patient à une maladie
  • Personnalisation : déterminer la réaction du patient à un traitement et adapter les soins
  • Préemption : prendre des mesures correctives avant l’apparition de la pathologie
  • Participation : conseiller un mode de vie adapté

La e-santé et la recherche scientifique

L’une des conséquences de l’utilisation des objets connectés en santé est la création de nouvelles communautés. Grâce à l’utilisation des objets connectés en e-santé, les patients participent à la recherche. Les trackers de santé offrent aux chercheurs une base de données pour leurs analyses. L’Observatoire de la Santé Withings permet ainsi aux Français de suivre en temps réel la prévalence des principaux facteurs de risque liés aux modes de vie. De plus, le développement de serious games appliqués à la santé va permettre de développer certains projets scientifiques. De réelles communautés se créent autour de ces divertissements, notamment sur les réseaux sociaux. Nous avons par exemple, « Phylo » qui prend la forme d’un puzzle pour assembler de vraies séquences ADN, « Genes in Space », un jeu d’aventure pour faire avancer la recherche sur le cancer ou « Nanocrafter » pour fabriquer des nanomachines.

Une bonne utilisation des données : une étape indispensable pour le développement de la e-santé

Si grâce aux objets connectés, les données santé sont de plus en plus importantes, il faut savoir les utiliser. Selon l’étude PHR/Ifop sur le regard des Français sur l’e-pharmacie et les objets connectés santé, 77% sont prêts à partager leurs données avec les médecins ou les pharmaciens. Toutefois, seuls 10% des personnes interrogées se déclarent capables d’interpréter les informations délivrées par les objets connectés. L’objectif est donc de vulgariser et de faciliter la compréhension des données délivrées par les objets connectés. Dans ce sens, Umanlife apporte une valeur ajoutée. Entre les capteurs et divers « écrans », des algorithmes synthétisent et créent du sens à partir de données brutes.

Les objets connectés appliqués à la santé, peuvent permettent de mettre à disposition des patients et des professionnels de santé un nombre de données très important. S’ils pourront permettre aux patients de mieux gérer eux-mêmes, il sera primordial de bien utiliser ces nouvelles données en optimisant leur compréhension et leur interprétation. C’est là tout l’enjeu du développement des objets connectés.

 

1 Commentaire
  • catherine Felix
    mai 13, 2015

    bonjour, je suis sociologue et je travaille sur la question des artefacts en santé.. pas seulement les objets connectés, mais aussi tous les objets qui interviennent dans la prise en charge médicale. Je suis responsable avec un collègue ergonome cognitiviste de la mise en valeur de travaux portant sur l’usage du numérique et des techniques en réalité virtuelle dans le domaine médical. Je suis intéressée par votre expertise. Bien cordialement.

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