Menace sur les lunetiers français

En marge des travaux menés dans le cadre de la réforme « 100% santé », la Direction de la Sécurité Sociale a annoncé la baisse du plafond de remboursement des montures dans le contrat responsable dès 2020, passant de 150 à 100 euros. Décidée sans réelle concertation, et sans réelle nécessité de surcroît, cette mesure menace directement l’avenir des lunetiers français.

Un paradoxe dans la quête d’un RAC zéro qualitatif
Le prix des montures de fabrication française est compris entre 150 et 180 euros pour des « Made In France » et entre 250 et 300 euros pour des « Origine France Garantie ». Dans le cadre de notre offre optique sans reste à charge, Carte Blanche-Prysme, nous sommes parvenus depuis 3 ans déjà à proposer des montures de qualité et sans reste à charge, à un prix optimisé grâce au modèle associatif, à but non lucratif, que nous avons développé pour la centrale. Ainsi le prix des montures « 1796 » est compris entre 59 et 110 euros pour les MIF et 140 euros pour les OFG, soit une économie de 100 à 150 euros par rapport aux montures de fabrication française issues d’une chaine de distribution classique. Or, avec ce futur plafond de remboursement de 100€, même ce modèle ne permet pas de proposer une monture OFG intégralement couverte par la mutuelle. Les porteurs préférant l’achat citoyen devront nécessairement s’acquitter d’un reste à charge de 45 euros pour la gamme 1796, et de 150 euros pour toute autre monture OFG.

Triple peine : suppression d’emplois, fermeture d’usines, mort d’un savoir-faire
Déjà fortement impactée par les phénomènes de délocalisation, la filière est plus que jamais mise en péril. S’ils refusent d’assumer un reste à charge (tout particulièrement dans un contexte où l’on promeut le reste à charge zéro), les porteurs se détourneront légitimement des montures OFG et opteront pour des montures de moindre qualité pour pouvoir être intégralement remboursés.

La filière lunetière représente 3500 emplois en France, dont 1000 directement concernés par l’OFG. Sur les 1550 salariés de la Vallée de l’Ain et du Jura, ce sont 500 personnes qui travaillent sur l’OFG, dont 150 sur les montures OFG 1796. Ce sont donc au total 1000 emplois qui sont en danger, dont 500 dans la Vallée, et au-delà, tout un savoir-faire ancestral menacé de disparaitre.

Avec deux de nos partenaires, CEMO et MODERN’OPTIQUE, nous avons été reçus hier par le Directeur de cabinet de Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, accompagné de représentants de la Direction générale des Entreprises, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ainsi que la Direction générale du Trésor public. L’objectif était de porter la problématique de l’abaissement du plafond de remboursement et les risques attenants sur la filière de production française. Le Ministère s’étant montré à l’écoute, ce qui augure le début d’une réflexion commune sur l’Origine France Garantie pour maintenir l’activité de ces entreprises. Affaire à suivre…

[Un communiqué de presse a été diffusé ce jour sur le sujet : à télécharger dans l’espace presse de Carte Blanche Partenaires ]

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