Carte Blanche envisage de déposer plainte pour diffamation contre la CDO

Interview de Jean-François Tripodi dans Acuitéportail des décideurs de l’optique. Dans un récent communiqué de presse, la CDO (Centrale des Opticiens) annonce attaquer Carte Blanche auprès de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) et du Tribunal de Commerce. La plateforme de services dément formellement les différentes allégations formulées par la centrale et envisage de déposer plainte pour diffamation. Interview de Jean-François Tripodi, directeur général de Carte Blanche Partenaires.

Acuité : Vous êtes sous le coup d’une plainte déposée par la CDO auprès de la DGCCRF. De quoi s’agit-il exactement ?

Jean-François Tripodi : A ma connaissance, Carte Blanche Partenaires (CBP) ne fait l’objet d’aucune plainte. Il s’agit d’un simple contact de la CDO auprès de la DGCCRF. Nous avons été stupéfaits de découvrir, le 14 décembre, un article faisait état d’une hypothétique plainte déposée le 10 novembre car, force est de constater que plus d’un mois après, il n’en est rien. C’est important de rétablir cette vérité.

De surcroît, nous sommes surpris de voir la CDO s’emparer ainsi du sujet : elle n’est, à ma connaissance, pas le représentant des fournisseurs de verres. Cela soulève par conséquent certaines interrogations quant à la légitimité de son intérêt à agir, et chacun y trouvera l’explication qu’il voudra.

A : La CDO dénonce des pratiques anti-concurrentielles, notamment « la mise en place d’un système de référencement opaque et restrictif conduisant à évincer du marché un certain nombre de fournisseurs de verres ». Que répondez-vous?

J.F. T. : Ces accusations sont totalement infondées. Nous étudions aujourd’hui la possibilité d’engager des poursuites judiciaires contre ces allégations que nous estimons calomnieuses. Sur le fond, la CDO, filiale de Krys Group qui a donné son approbation à ses opticiens pour nous rejoindre, reproche à CBP une certaine opacité alors que notre politique tarifaire et de référencement est consultable en ligne, et ne souffre d’aucune exception. Nous n’avons rien à cacher.

Il faut souligner que ce n’est pas moins de 25 fournisseurs de verres ophtalmiques qui ont été référencés par Carte Blanche, dont Codir le verrier du groupe Krys. ‎S’agissant du niveau de référencement Premium, Codir n’a pas été retenu parmi les verriers référencés à ce titre pour  l’unique raison  qu’il  ne répondait pas aux critères annoncés. Nous nous sommes tournés vers ceux qui concédaient les meilleurs avantages au profit de nos adhérents et de nos opticiens partenaires.

A : Et concernant les griefs formulés à l’encontre de Prysme ?

J.F. T. : Nous avons été bien clairs dès le lancement du projet Prysme : cette offre participe d’une démarche responsable en notre qualité d’acteur de la santé. Quitte à me répéter. Nous ne gagnons pas un centime avec cette nouvelle offre. C’est pour cela que nous avons créé une centrale d’achat qui repose sur une structure associative. En d’autres termes, aucun enrichissement n’est permis par ce statut. Notre seul intérêt est le suivant : le fait de piloter ainsi la chaîne de fabrication d’une paire de lunettes permet de faire baisser la facture jusqu’à 45% pour le bénéficiaire du réseau de soins et cela pour une collection limitée à 36 montures.

A : Vous devenez donc distributeur de lunettes. Ce mélange des genres n’explique-t-il pas une telle levée de bouclier ?

J.F. T. :  Les réticences ou les peurs de certains acteurs ne sauraient justifier le recours à des procédés visant à nuire à CBP. Certains voient dans notre démarche une stratégie afin de substituer les mutuelles aux opticiens. Restons sérieux. Je rappelle que l’offre Prysme est constituée d’une gamme volontairement limitée, face aux milliers de montures référencées par les centrales. Notre cœur de métier est l’accès aux soins, pas la mode, et CBP n’a aucune intention de concurrencer les centrales d’achat. ‎ Le seul mélange des genres que je perçois ici, c’est que notre offre est la première à allier hauts standards de qualité et accès aux soins sans reste à charge, notamment en faveur des Français les plus modestes. Prysme a d’ailleurs reçu un bon accueil chez l’ensemble des opticiens référencés, dont certains sont porteurs d’une vision sociale et citoyenne de leur métier.

A : Qu’est-ce qui expliquerait alors la plainte de la CDO ?

J.F. T. :  Je crois que tout le monde attend une clarification de leur part. Si la CDO entend se positionner en garant des bonnes pratiques concurrentielles sur le marché, soit ! En revanche, je ne suis pas convaincu de la respectabilité de sa démarche lorsqu’elle formule des allégations fausses, voire calomnieuses. Il appartiendra certainement à la justice de mettre un terme à ce débat stérile puisque nous envisageons de déposer une plainte pour diffamation. Rien ne saurait justifier le recours à de tels procédés médiatiques visant à nuire à CBP.

Je comprends que notre démarche puisse contrarier, même à tort, une centrale d’achat attentive à la préservation de ses marges et qui réalise tout de même près de 10 millions de chiffre d’affaires HT. Nous avons néanmoins réussi à proposer un modèle économique qui préserve les intérêts de tous, de l’opticien au bénéficiaire de notre réseau : nous sommes dans une logique gagnant-gagnant-gagnant. Nous restons fiers de nous engager en faveur du « reste à charge zéro » pour les Français.

1 Commentaire
  • Mr Cortinovis
    février 29, 2016

    Bonjour Mr Tripodi je suis très intéressé par la Collection Carte Blanche  » 1796″ que vous avez mise en place et j’aimerais pouvoir me m’être en relation avec vous car j’aurais besoin de plus amples informations concernant certains détails.
    Cordialement
    Mr Cortinovis
    Ste Concept Numérique

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